Jean François Laborde, un homme épique.

Personnage central des liens historiques entre Madagascar et la France, Jean Laborde est un homme important du développement malgache. Son nom complet est Jean François Labore, étincelant de facultés, il laisse des traces de son ouvrage, barrages, aqueduc, forges, alambic, tannerie, hauts fourneaux, palais dans toute l’île de Madagascar. Il est le premier consul de la France à Madagascar et est un pionnier dans l’introduction de technologie, de races animales, et variétés végétales à Madagascar.

Celui qui fait son apprentissage à la forge de son père et qui s’est par la suite engagé dans l’armée pour obtenir le grade de maréchal du logis (soit sergent) est productif il n’est pas piqué des hannetons, épique. Au surplus de ses activités il possède plusieurs rôles: diplomate, entrepreneur, ingénieur en chef. Le personnage est fort dans son implication administrative durant son séjour à Madagascar. Dans cet article, on revient avec vous sur cet aventurier, ce politique, cet industriel, au final cet homme, figure historique de Madagascar.

Un homme aux amours partagés

Jean Laborde est marié à Émile Roux lors de son arrivée à Madagascar. Il s’agit d’une femme métisse, son union avec Laborde offre à l’Auscitain un apprentissage de la langue malgache commode. Sa femme est chargée de l’administration du domaine de Lohasaha. Alors déjà mère de deux enfants, elle est répudiée pour adultère en 1856. Laborde de son côté consume une relation de travail et une relation de passion avec la reine Ranavalona 1er. L’idylle durera jusqu’à la mort de la reine. Il se remaria avec une autre femme malgache Radofina.

L’homme d’action est un amant  avec lequel la reine connue pour sa méfiance et son autorité est avenante et aimable. Mais encore plus son attention des femmes le pousse à nommer sa demeure “femme nue et ouverte”. Il est fidèle à ses émotions, et n’est pas connu pour être un homme aux nombreuses femmes.

 

Un aventurier qui se distingue de la masse

Dur et ingénieux en affaires, Jean Laborde est dès sa sortie à l’âge adulte un aventurier confirmé. Avant de rejoindre Madagascar il met les pieds en Inde, il y arrive avec des foulards. Sur place, il tire parti de ses techniques de forgerons pour produire des trompettes. Son commerce est fructueux, il est en contact avec le plus haut niveau de l’État indien en fournissant la garde du Maharaja. 

À Madagascar, ses aptitudes lui offrent aussi la familiarité de la monarchie au pouvoir. Il est sollicité pour ses qualités techniques et pour son sens humain. C’est un individu d’engagement et de parole qui implique sa propre personne et son entourage dans ses œuvres.

 

Un précurseur pour Madagascar 

Jean Laborde est un pionnier dans de nombreux domaines à Madagascar. Il est à l’origine de la race de vaches normandes et bretonnes, des moutons mérinos, des vers à soie, et des antilopes en ce qui concerne ses introductions d’espèces animales. Pour les plantes, il cultive la vigne pour la première fois dans l’île et plante de nombreux arbres fruitiers européen dans l’île.

Sur le plan technique, ses apports sont titanesques, il y fabrique de l’acide sulfurique, de l’acide nitrique, de la potasse caustique, de la poudre noire, de l’alun, du sulfate de fer, du bleu de Prusse, de la Faïence, du verre, de l’acier, du bronze, du ciment, de la peinture, du savon…

Au-delà de ses participations chimiques, le français est aussi à l’origine de sites industriels (alambic, forge, haut fourneau, tannerie…) et d’infrastructures publiques (barrages réservoirs, canaux, aqueducs, routes, ponts, mine, carrières, palais, paratonnerre…)  .

Il est même à la manœuvre de la construction du premier établissement naval jamais construit à Madagascar. 

Jean Laborde est imminent dans l’avancement technologique de la grande île. Il y transfère un nombre considérable de savoir.

 

Un fin politique 

Jean Laborde a été amant de la reine au pouvoir Ranavalona Ier et pas sans lui exercer son influence. Bien qu’il s’agisse d’une reine au caractère tyrannique, il la conseille pour les choix en matière d’industrialisation, mais aussi pour les choix en matière de diplomatie. Il devient un ministre non-officiel du gouvernement de la Ranavalona Ier. Il est décoré par la reine de la plus haute distinction malgache dite des “16 honneurs”.

 

Un rassembleur d’homme

C’est Napoléon de Lastelle qui installe Laborde à Madagascar en le présentant rapidement à la reine. De son séjour entre 1831 et 1878 il rentrera en contact avec de nombreux Européens Joseph Lambert, Henri Lambert, Julien Gaultier de Rontaunay, Albert Campan. En 1837 pour le soutenir dans l’avancement de ses travaux il fera voyager son frère jusqu’à Madagascar.

Jean Laborde est un intermédiaire de choix pour les Européens arrivés à Madagascar, il est notamment en contact avec les Anglais de la London Missionary Society.

 

Un représentant avantageux de la France, un atout

Jean Laborde dispose d’une place d’importance à Madagascar. Il est intime du cercle royal où il participe à l’éducation du dauphin Rakotondradama qui deviendra plus tard le roi Radama II. Il est le premier sollicité en ce qui concerne l’aménagement industriel de la grande île. Il étend l’influence de la France au sein de l’île pour en faire d’abord une entité très sympathisante à la France et plus tard un protectorat et une colonie française en 1897.